La tuberculose

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La tuberculose

Message par andaine le Dim 25 Juin 2017 - 12:56


Sixième Cursus - Le Médecin
Cours I : Les maladies

La tuberculose








    En quelques mots... La tuberculose est une maladie grave qui s'attaque habituellement aux poumons, mais qui peut toucher aussi d'autres parties du corps, dont le cerveau, les ganglions et les os. La tuberculose pulmonaire (phtisie) est de loin la plus fréquente et la plus répandue, mais il existe des atteintes osseuses (mal de Pott, tumeur blanche du genou...), rénales, intestinales, génitales, méningées, cutanées. Aux époques anciennes, plusieurs auteurs ont décrit une maladie amaigrissante, dénommée suivant les uns « phtisie » (pour dépérissement), suivant les autres « tabes ». Ainsi Hippocrate fait-il mention d’infections pulmonaires et pleurales à évolution très lente, parmi lesquelles les consomptions d’origine thoracique occupent une place très importante. Il en dresse les symptômes, tels que l'amaigrissement progressif, la langueur, la toux et la présence de sang dans les crachats. Il décrit aussi les autres formes de tuberculose, comme la forme osseuse et la forme ganglionnaire. Dès ces époques également, s'opposent deux théories sur l'origine de la maladie, considérée comme héréditaire par les uns, alors que pour d'autres, comme Aristote, elle est d'origine contagieuse. Actuellement, nous sommes en mesure d'affirmer que la tuberculose est une maladie contagieuse. Comme un rhume banal, elle se propage par voie aérienne. Seules les personnes dont les poumons sont atteints peuvent transmettre l’infection. Lorsqu'elles toussent, éternuent, parlent ou crachent, elles projettent dans l’air les particules de la maladie. Il suffit d’en inhaler quelques-unes pour être infecté. Symptômes et transmission

    • Les symptômes
      Les signes ou les symptômes de la tuberculose peuvent être confondus avec ceux de nombreuses autres maladies. Ce sont :


        -Fièvre -Toux grasse -Grande fatigue -Diminution de l’appétit -Perte de poids



      Il nous faut alors être très vigilant pour bien diagnostiquer la maladie. Des doutes peuvent subsister, voir des erreurs, au début de la maladie.

    • La transmission
      La tuberculose est transmise par voie aérienne, par exposition aux miasmes présents dans la salive et aux crachats des personnes infectées. Lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue, de minuscules gouttelettes contenant les germes sont projetées dans l'air et peuvent être inhalées par toute personne se trouvant à proximité. Après avoir été inhalés par le nez et la bouche, les germes atteignent la trachée et les conduits aériens qui pénètrent dans les poumons. À partir des poumons, qui constituent le foyer initial, les germes peuvent être disséminés par la circulation sanguine vers d'autres régions de l'organisme. Dans les semaines qui suivent l'infection, les symptômes se multiplient.

      La transmission peut donc se faire de deux façons :


        * La transmission directe se fait essentiellement par les gouttelettes de salive que projette le malade autour de lui en parlant, en éternuant ou en toussant. * La transmission indirecte s’opère, par exemple, par les crachats desséchés mêlés à la poussière des rues et des logements.



      La tuberculose peut revêtir différentes formes selon la localisation du foyer infectieux.
      La tuberculose pulmonaire est la forme la plus fréquente et la source essentielle de la contagion.

      On peut aussi incriminer les mouches et le lait de vaches tuberculeuses.

      Le tuberculeux n’est contagieux qu'à partir d’un certain stade appelé "tuberculose ouverte".

    Remèdes et précautions De tout temps, on a tenté de soigner cette maladie avec toute sorte de remèdes. Certains médecins, dit-on, recourent à la prière et à l’incantation, souvent avec un rituel religieux. Les "Saints Guérisseurs" sont alors implorés. D’innombrables médications d’origine végétale, animale ou minérale ont aussi été essayées. Par exemple, le broyat de poumon animal (loup, cerf ou renard) ou le mou de veau ... Ou encore la chair de vipère, de lézard ou de cloporte, ou bien la bave de l'escargot.

    • Le lait des femmes pour les enfants

      Parmi toutes les prescriptions alimentaires, une des plus anciennes et des plus durables a été celle du régime lacté.
      On reconnait en effet "aux laits de femme, d’ânesse, de vache, de chèvre, de jument" des vertus propres à rendre la toux moins pénible.
      Le lait de femme serait particulièrement recommandé et se doit d’être consommé à la tétée. "La nourrice", de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter.
      On peut aussi plus loin : parmi les moyens de guérison de la phtisie, quelques Médecins Anciens en ont inventé un, auquel ils ont attribué des cures surprenantes : celui de faire coucher les malades avec leurs nourrices, ou avec des jeunes filles bien fraîches et bien saines. "Une émanation du corps de ces jeunes filles s’insinue par les pores dans le corps du malade épuisé et le ranime, au détriment de la jeune personne qui dépérit insensiblement".
      Mais aucune preuve tangible de ce "remède" n'est réellement attestée.

    • Sang de chèvre, graisse de chien et végétaux

      Entre autres médications d’origine animale, on a essayé les transfusions de sang d’un animal réfractaire à la maladie, comme la chèvre.
      La graisse de chien passe aussi pour être efficace...

      De nombreux végétaux peuvent être utilisés la phtisie : les purgatifs, les diurétiques, les opiacés. Citons l’encens, la myrrhe, l’eau de goudron, l’ail, le chou et le quinquina, le miel, les amandes amères, le poivre noir, l’orge, la digitale, l’ergot de seigle, le cresson, la ciguë, la térébenthine, sans oublier le gui.
      Parmi les minéraux, l’arsenic, le mercure, le soufre sont quand à eux aussi prônés, comme les sels de cuivre, le plomb, l’argent et l’or bien sûr. Mais aussi le calcium et l’antimoine.

    • Diète ou gavage ?

      Le régime alimentaire à appliquer aux tuberculeux a fait l’objet de nombreuses controverses.
      Certains recommandent une diète sévère, accompagnée de saignées et de sangsues.
      D’autres médecins penchent pour un régime exclusivement végétal.
      D’autres conseillent au contraire la volaille et les viandes légères, en particulier celles des animaux à course rapide. On recommande les farineux, les céréales, les œufs, les laitages, les graisses.
      Parfois jusqu'à la suralimentation, avec les troubles digestifs et nutritionnels qu’entraîne ce "gavage".
      Les boissons alcoolisées, loin d’être interdites, sont souvent recommandées.
      Hippocrate conseillait le vin entre les repas. Mais comme pour toute maladie, il faut bien faire attention à la consommation d’alcool.

    • Dissiper les "passions tristes"

      Le mode de vie recommandé aux tuberculeux a différé sensiblement selon les époques et les écoles de pensée, mais le repos ou, du moins, la modération des efforts physiques, a été largement prôné ... tout comme le repos moral : " Le malade doit séjourner à une altitude élevée ou dans une forêt profonde, en observant un repos rigoureux dans une chambre tranquille. Il lui faut purifier son cœur en restant paisiblement assis, libéré de toute pensée. On allumera près de lui un bâton d’encens et il devra serrer les dents dans la volonté de guérir. La clé de la guérison réside dans la tempérance aussi bien sexuelle qu'alimentaire. Aucune drogue n’aura d’effet si le malade n’observe pas au préalable les principes précédents". Ou encore : "On lui interdira le chant, le rire, les éclats de voix, la conversation trop soutenue, l’usage des instruments à vent".

      A l'inverse, d'autres conseillent de courtes marches ou la promenade en litière. Pour assurer au malade la tranquillité d’esprit, on recommande d’entretenir leur bien être moral par quelques divertissements, par une compagnie agréable, par la musique et une certaine élégance vestimentaire, tout ce qui peut "dissiper les passions tristes".

      Il s'avère donc qu'aucun choix ne fait à ce jour l'unanimité.

    • Le changement d’air

      Le changement d’air a par contre toujours été considéré comme une condition nécessaire à l’amélioration de l’état des tuberculeux. On leur recommande les voyages et surtout le repos dans un lieu au climat favorable. C’est l’air marin, pour certains médecins ; la montagne pour d’autres ou l’air des forêts.
      L'état du tuberculeux peut également s'améliorer par des cures de soleil et plein air.

    Des précautions pourraient être prises telle que le fait que le tuberculeux ne crache pas au hasard, de ne pas le faire dans tous les lieux publics. L’idéal serait alors utilisation d’un crachoir "de poche ".






Cours rédigé par Adeline de Courcy,
Médecin diplômé de l'Ostel-Dieu de Paris
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