Le rhume

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Le rhume

Message par andaine le Sam 10 Juin 2017 - 12:55

Sixième Cursus - Le Médecin
Cours I : Les maladies

Le rhume






"Ecoule-toi, rhume, fils du rhume, qui rompt les os,
écrase la tête, blesse douloureusement les sept ouvertures de la tête !"




Un peu d'histoire...

Paradoxalement, le rhume est à la fois la maladie dont il est le plus difficile de trouver traces à travers les siècles, et à la fois celle dont la première mention textuelle est la plus ancienne.
En effet, ses symptômes et traitements ont été décrits dans le Papyrus Ebers 1, l'un des plus anciens textes médicaux.
A cette époque, la médecine étaii le domaine des prêtres ; elle conservait donc toujours la marque de ses origines magiques. Les amulettes avaient le pouvoir de prévenir et de guérir la maladie, qui devait être traitée par des incantations.
Par exemple, le rhume s'exorcisait par des formules magiques telles que : "Hors d'ici rhume, fils de rhume qui brise les os, détruit le crâne, endolorit les sept ouvertures de la tête...! Tombe sur le plancher, puante, puanteur, puanteur...!"

Par la suite, la maladie semble se perdre dans les traités médicaux. Que ce soit sous les termes de "rhume", de "rheuma", de "catarrhe pulmonaire", de "rheuma narium" ou encore de "rheuma pectoris", elle reste invisible...
Nous ne pouvons alors que faire des parallèles avec d'autres maladies, ou bien des liens évidents avec les humeurs hippocratiques.


Apparition et symptômes 2

En hiver c'est la pituite qui domine, ainsi que le prouvent selon Hippocrate les maladies pituiteuses qui sont caractéristiques de cette saison : rhumes et bronchites avec expectoration de phlegme.
C'est donc durant cette période que les rhumes, puisque nous verront par la suite qu'il en existe de plusieurs sortes, sont les plus sujets à apparaître.

Voici un récit racontant l'apparition et le déroulement de la maladie dans une petite ville du Nord du Royaume de France :

"Elle a commencée à l’entrée de Novembre et a fini avec le mois de Février, à quelques maladies près, qui ont paru les mois suivants. Elle a attaqué indifféremment toute sorte de personnes, sans distinction d’âge, de sexe, ni de condition, à la ville, comme à la campagne. Mais le nombre de ceux qui en ont été atteints est si petit, qu’il ne suffit pas pour lui donner le nom de maladie épidémique.
Dans la plupart des malades, ces rhumes ont été simples, comme les rhumes ordinaires sans fièvre, et sans autre symptôme que la toux et un petit embarras de poitrine, que l’usage d’une tisane pectorale ou du thé dissipent en peu de jours : quelques uns avaient avec cette toux une fièvre éphémère, qui après un jour ou deux disparaissait sans aucun remède et sans aucune évacuation sensible.
Mais dans quelques autres malades, ils ramenaient, avec ces symptômes communs, des accidents si extraordinaires qu’ils ne paraissaient rien moins que des rhumes. C’était tantôt un engorgement de poitrine, et cela sans les personnes peu âgées et pléthoriques ; en ceux-ci la fièvre n’était pas forte, mais l’oppression était extrême ; on ne les dégageait que par un émétique donné dans une dissolution de Manne, après une ou deux saignées, sans qu’ils ne tombent dans une péripneumonie, ou pituiteuse, ou phlegmoneuse ; tantôt une évacuation bilieuse et très abondante par le haut et par le bas qui durait 24 heures, et qu’une eau de poulet avait bientôt calmé ; tantôt une diarrhée apparaissait parfois ; tantôt une douleur de côté des plus vives et des plus aiguës. Dans ceux-ci la fièvre était plus forte, et s’ils n’étaient pas promptement secourus, la douleur de spasmodique qu’elle était, devenait inflammatoire, et les malades essuyaient touts les désordres et tout le danger."


Cet écrit nous présente deux rhumes différents : le rhume dit "banal", et le rhume de poitrine. Il est à rajouter une troisième maladie : le rhume de cerveau. Chacun de ces rhumes possède des symptômes différents, mais généralement les deux derniers découlent du premier.


  • Le rhume "banal"

    - mal de gorge ou une gorge sèche et irritée
    - écoulement ou la congestion du nez
    - éternuements causés par la congestion nasale
    - mal de tête attribuable à la congestion
    - douleur de l'oreille liée à la congestion nasale (qui touche plus fréquemment les enfants que les adultes)
    - légère fièvre accompagnée de frissons

  • Le rhume de Poitrine

    - toux
    - essoufflement qui peut ôter la respiration
    - pouls ralentissant
    - douleurs à la poitrine
    - manque d’appétit.
    - forte fièvre.



  • Le rhume de Cerveau

    "Lorsque l’humeur qui s’exhale des parois intérieurs des ventricules du cerveau devient plus abondante et plus acre.
    On reconnait qu’il entre de l’air dans le cerveau comme il entre dans les poumons.
    On sait que lorsque le sang se trouve surchargé de férocités par le défaut d’évacuation de la transpiration sensible il se porte vers les parties où il trouve le moins de résistance, qu’il en gonfle les vaisseaux, qu’il en distend les tuniques, en élargit les pores excrétoires, et qu’il se décharge par là de cette même férocité.
    On sait encore que les vaisseaux du cerveau n’offrent pas plus de résistance que ceux des poumons, qu’ils ne sont ni moins courts ni moins exempts de compression, et qu’ils ne sont pas moins propres à fournir la matière d’un rhume de cerveau.
    On voit des gens qui après s’être exposés à un air froid, se plaignent d’une grande pesanteur de tête et d’un assoupissement avec fièvre, d’une insomnie, d’un grouillement d’eau dans le cerveau sans qu’il coule rien de sensible par le né. Voilà le rhume de cerveau purement interne. On en voit d’autres qui, outre les symptômes dont on vient de parler, souffrent un écoulement considérable de sérosité par les yeux, par le né, par la bouche, et qui éternuent à chaque instant. Voilà un rhume de cerveau interne et externe en même temps."


    - grande pesanteur à la tête
    - assoupissement
    - forte fièvre
    - insomnie
    - écoulement possible de sérosité par les yeux, le nez et la bouches
    - éternuements




Remèdes

Voici une liste de recommandations élémentaires, qui peuvent s'appliquer pour la plupart des maladies.
C'est avant tout faire preuve de bon sens que d'en suivre les grandes lignes.

  • Le repos.
  • Rester au chaud.
  • Prendre des douches et bains chauds.
  • Éviter de surchauffer la chambre.
  • Boire beaucoup d'eau, tisanes, thé, soupes (...), tout est bon pour hydrater l'organisme.
  • Consommer beaucoup de fruits et de légumes.


Chacune de ces recommandations permettra de mettre le patient dans la manière situation possible, et de laisser ainsi agir les différents remèdes que vous lui donnerez.

Il existe aussi plusieurs plantes bien indiquées pour soigner le rhume. 3
Ces plantes peuvent être utilisées de différentes manières : en décoctions, en infusions, voire en baume pour le rhume de poitrine.


  • "Cynodon dactylon"
    Chiendent Dactyle, Chiendent Pied-de-Poule...

    Les rhizomes frais sont comestibles et peuvent être employés, après broyage et mêlés au froment, pour la fabrication du pain.
    En décoction : faire bouillir une once de chiendent pendant une minute dans une quantité d'eau suffisante ; jeter cette eau, écraser les rhizomes et les remettre à bouillir dans une pinte d'eau. Boire à volonté.



  • "Paris quadrifolia"
    Parisette

    En infusion : faire bouillir une pinte d’eau. Y jeter une poignée de fleurs de parisette. Laisser infuser pendant dix minutes. Boire deux à trois tasses par jour. Continuer le traitement pendant trois jours.



  • "Adiantum capillus-veneris"
    Capillaire de Montpellier, Cheveux de Vénus

    En infusion : une petite cuillerée par tasse, bouillir puis laisser infuser dix minutes.
    Trois tasses par jour entre les repas.



  • "Mandragora officinarum" 4
    Mandragore, Mandegloire, Main-de-Gloire, Pommes du Démon

    En poudre : verser deux tréseaux de poudre de racine de mandragore dans un verre de vin léger. Bien mélanger et boire de suite.
    Renouveler l'opération une fois par jour, le soir uniquement la mandragore agit comme un somnifère).



  • "Helianthus annuus"
    Tournesol, Grand Soleil, Graine de Perroquet, Hélianthe annuel

    En infusion : faire infuser une poignée de pétales dans un grand volume d'eau bouillante. Boire à volonté.



  • "Ficus carica"
    Figuier, Caprifiguier

    Manger des fruits à volonté !



  • "Corrigiola telephiifolia"
    Sarghine, Courroiett

    En baume respiratoire : faire fondre un tréseau de cire d'abeille dans deux onces de macérat de sarghine (sommités fleuries).
    Bien mélanger et verser dans un pot. Utiliser le soir, avant le coucher, pendant une semaine.





Lors d'un rhume de poitrine, plusieurs remèdes sont efficaces :

  • User de saignées
    A petites doses, pour ne pas affaiblir encore plus le patient. Tirer au maximum une demi chopine de sang tous les deux jours.

  • Faire boire au malade des décoctions de fleurs de pied-de-chat
    Une cuillerée par tasse d'eau bouillante. Infuser dix minutes.
    Trois tasses par jour, entre les repas.

  • Utiliser un vin émétique
    Mélange d'antimoine et d'un purgatif violent (capucine, bourdaine, mercuriale ou encore gratiole).

  • Appliquer de l'huile de camphrier
    A appliquer chaque matin, en massant, sur la poitrine du malade.






Cours rédigé par Meleagre d'Aeden,
Médecin diplômé de l'Ostel-Dieu de Paris



Notes a écrit:
1 Le plus long papyrus médical égyptien (108 pages), datant de 1550 ans avant notre ère. Il a permis de mieux comprendre les connaissances médicales de l'époque pharaonique. Ce papyrus, ainsi que les autres papyrus médicaux, étalent des manuels pratiques plutôt que des ouvrages théoriques. Il indique des traitements contre de nombreux maux.



2 L'infection par un rhinovirus est la cause la plus fréquente (40 %) des infections respiratoires bénignes, les autres étant dues à divers virus, notamment coronavirus, virus respiratoire syncytial, virus influenza (responsable de la grippe), virus para influenza. Les virus responsables du rhume banal se transmettent entre les individus de deux façons : par aérosol, généré lors de la toux ou de l’éternuement ; et par contact avec de la salive ou des sécrétions nasales contaminées.

3 De nos jours, le rhume est une maladie bénigne chez l’adulte, qui guérit généralement spontanément. Il n’existe aucun traitement médicamenteux antiviral reconnu qui agisse sur l’agent responsable du rhume banal.

4 Ne pas oublier que la mandragore est une plante extrêmement toxique !
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